La Coctelera

El POESIMISTA

De la Poesia a la Guerra , solo nos separa el tiempo o ánimo del corazón.

2 Noviembre 2010

Les traces du jour et de la nuit

  

COPIRAID *  

 

exposition - installation - poésies - images
écrits Humberto Ak'Abal / photographies Alain Szczuczynski
mise en espace : Harry Rosenow & Alain Szczuczynski

Indien maya-kiché du Guatemala, auteur de nombreux recueils de poèmes, traduits en plus de dix langues, c'est dire la reconnaissance internationale de cet homme qui nous ouvre à un monde de visions éblouies et de profondes résonances. La simplicité de la poésie d'Ak'abal n'a d'égal que sa force et sa concision. En quelques touches, Ak'Abal esquisse un paysage, évoque une atmosphère, dévoile un état d'âme, exprime une pensée.
"Ces quelques vers / Sont le regard d'un enfant / Dans les paroles d'un homme."
On ne saurait résumer plus lucidement cette poésie profondément émouvante et qui rejoint l'universel à travers le plus quotidien.

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Cette exposition vous est présentée dans le cadre de la 25ème heure du Livre

Le livre : LES VOIX DES ARBRES - PA RI KITZIJOBAL
Humberto Ak'abal -Alain Szczuczynski

Editions Epileptic
est à vendre au prix de 20 €
Un exemplaire est consultable à l'accueil de L'espal

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LA VOIX DES ARBRES
PA RI KITZIJOBAL
Dans les voix
Pa ri kitzijobal
des vieux arbres
ri rija taq che'
je reconnais celles de mes ancêtres.
kinch'ob ri kitzij ri wati't numam.
Veilleurs séculaires,
Ojer ajwaraj,
leur rêve est dans leurs racines.
ri kiwaram k'o chuxe'ri ulew.

 

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IL Y EN A QUI ATTENDENT
K'O JACHIN KUREYE'J
Il y en a qui attendent
la fin du monde;
K'o jachin kureye'j
ri k'isbal uwech ulew ;
les pauvres,
ils ne s'en sont pas rendu compte :
k'ixibal ke,
xa maja' kakil ri' :

il y a longtemps
qu'il est en miettes.
che wa uwech ulew
najtir banom ch'aqa taq chi re.

 

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RI TZIJ
LA VOIX
Ri kik'aslemal ri juyub
La vie des forêts
k'o ri' pa ri koq'ej ri chikop.
est dans la voix de leurs oiseaux.
Ri kitzij ri tinimit,
La voix des peuples,
are ri' ri kiajbixonel :
ce sont leurs poètes :
jun tinimit mem
un peuple muet
jun kaminaqa tinimit ri'.
est un peuple mort.

 

Retrouver Humberto Ak'Abal

JE 14 OCT à partir de 19h : visite de l'exposition & buffet guatémaltèque
(sur réservation)

20h30 : soirée poésie et musique suivie d'un échange avec humberto ak'abal

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DI 12 DÉC à l'espal à partir de de 11h

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Exposition présentée dans le cadre de la 25e heure du Livre

 

Humberto Ak'Abal, poète guatémaltèque

La poésie d'Humberto Ak'abal, poète guatémaltèque appartenant à la communauté des indiens mayas kichés, est moins à découvrir à la manière d'un occidental curieux que comme un lecteur affamé. Il le dit lui-même, sa poésie, si frappante par la fulgurance de sa simplicité et la révélation éclatante des éléments familiers, est née d'un besoin impérieux de retrouver une enfance jamais vécue, attentive d'instinct à la puissance naturelle des choses. Cette force primordiale volée par la pauvreté d'un pays que les discriminations, l'exploitation colonialiste des terres et les persécutions de la guerre civile ont façonnée, il la reconnaît à travers la richesse de la langue kichée comme celle commune à la nature et à sa culture ancestrale. En effet, si Humberto Ak'abal est l'un des rares poètes indigènes à toucher un public international, sa poésie représente aussi l'un des précieux témoignages sur la vie, la culture et l'environnement des mayas. Ak'abal écrit sur la vie de son village de Momostenango, entouré de forêts, hanté d'invisible, peuplé d'oiseaux chanteurs et de pierres silencieuses, où il a grandi au milieu des humbles et dans des yeux de grains de maïs noirs : « j'essaie de retrouver ce village que je parcourais de bas en haut ».

Pourtant, la voix du poète, dédiée à tout un monde muet réduit au silence, celui des peuples, des animaux et des éléments, ne mêle jamais aucune amertume, rancœur ou volonté d'isolement culturel à la pureté re-cherchée dans le langage.

Sa poésie peut, certes, être lue et comprise comme une formidable source d'informations sur une culture méconnue ou comme l'expression d'une parole qui brise le silence des voix étouffées. Ainsi, dans la nuit indifférenciée, la lune se fait « l'aïeule des peuples » qui vient éclairer le silence de sa chandelle de chaux, et l'arbre, figure centrale de l'œuvre, est le « veilleur séculaire » des rêves des ancêtres qui lui prêtent tout autant leurs voix qu'il les abrite dans ses racines.

La nature de la poésie selon Humberto Ak'abal n'est que l'expérience d'une réciprocité avec la nature. Si « la vie des montagnes est dans la voix de ses oiseaux », la vie des peuples existe dans le dialogue permanent de leurs chanteurs avec les éléments ambiants qui éclairent des rapports naturels entrevus par les mayas. la langue kichée, riche de cet échange, enferme déjà en elle-même une manière de voir, de sentir, de penser.

Mais la poésie d'Humberto Ak'abal, remplie d'onomatopées parfois chantées, s'intéresse aussi, à travers son obsession des voix et des sons, au silence qui précède dans les images confondues de l'observation et de l'imaginaire la résurrection du langage qui le rompt : « la voix des animaux / est le souvenir / de la pureté du langage ». La langue du poète surprend dans le silence une voix qui le colore et nous transporte, comme « l'abeille commère des fleurs », de métaphores en métamorphoses vers le souvenir capté. le poète, imprégné de sa culture ancestrale, notamment à travers la lecture du Popol Vuh, le livre sacré des mayas kichés, mais aussi au-delà d'elle comme cette ombre qui n'a pas de maison, traverse librement sa vie intérieure autant que son regard se déplace singulièrement sur le monde extérieur. en s'inspirant de l'esprit du nawal de la tradition maya, il subit lui-même des métamorphoses qui transforment ses visions inédites en d'autres vies d'autres temps : « Parfois je suis jaguar / je vois au-delà du ciel / au-delà de l'eau / au-delà de la terre », « je suis un oiseau / mes vols sont intérieurs ».
Le souvenir n'est pas une simple trace du passé retrouvé mais c'est cette force mystérieuse présente à l'intérieur de toutes choses comme de soi-même et que l'enfant retrouvé rapporte simplement. La pauvreté qui ôte tout, met à nu dans la poésie la simplicité d'une réalité maintenant contemplée : « ces quelques vers / sont le regard d'un enfant / dans les paroles d'un homme ». Et cette déclaration du poète n'est pas une posture ni une nostalgie, l'homme vit toujours humblement dans son village natal dont il recueille au présent les linéaments du passé sans perdre sa lucidité critique face aux signes de l'avenir. Mais cet enfant devenu adulte avant l'heure trouve enfin, dans l'homme mûr, l'écart poétique qui sait transmettre dans les mots l'image juste de l'enfance du souvenir.

Tous les qualificatifs utilisés pour rendre compte de l'originalité de cette poésie, qu'elle soit « authentique », « profonde », « directe », « vraie » mettent en avant cette qualité essentielle qui appartient paradoxalement à la fécondité vitale de l'imaginaire : la simplicité. Si c'est le souhait intime du poète : « j'aimerais être / simple comme un arbre / plus simple encore : / comme une planche », c'est que, plus le lien est direct, plus il rend humble, et que plus l'homme est humble, plus il transforme en air le rêve qui pèse. Même si la simplicité rappelle celle de la vie quotidienne, elle libère aussi de celle-ci. Les traces qui tourmentent finissent ainsi par être aussi légères que l'aube qui se dépose sans heurts, brume ou rosée, des hauts plateaux du village sur le cœur du marcheur des prairies du ciel.
Mais la sensibilité du poète n'est pas exempte de l'ironie qui perce parfois à travers la concision des vers et qui vient relativiser ce que la culture occidentale a pu couler comme faux sacré dans les pierres. il décrit les « merles, buses, colombes » qui « se posent sur les cathédrales, et les palais comme ils le feraient sur des rochers, des arbres et des haies » puis qui « chient dessus avec la liberté totale de celui qui sait que dieu et justice appartiennent à l'âme ». Comme le jaguar « joue avec la lune », le poète s'amuse avec la nature qu'il enchante et transfigure alors avec humour ce que l'œil avait rempli d'onirisme : les abeilles qui « vont et viennent chaussées de pollen / elles prennent juste le temps de lâcher une petite crotte » avant de retourner au miel de leurs commérages.

Frappés par une modernité dans laquelle le poète redonne au mythe du monde indien la dimension d'une aura, nous comprenons que cette voix n'est pas moins singulière et inhabituelle qu'elle n'a poussé comme un champignon. Le succès de la traduction et de la diffusion d'Ak'abal dans le monde entier apprend à connaître les thèmes propres à la culture méconnue des mayas kichés mais aussi à s'y reconnaître à travers les nouvelles réflexions qu'ils suscitent. Si la poésie d'Humberto Ak'abal rend la parole au monde longtemps resté sans voix des Guatémaltèques, elle intègre à l'intérieur même de sa nature écologique la force vitale de l'évocation.

Qu'est-ce que nommer et comment nommer ? Pour le poète : « nommer un oiseau, c'est chanter comme lui ». le rapport des kichés à la nature et à toute réalité est indissociable de cette question à la fois philosophique, théologique et poétique.

Comment ne pas voir le lien entre nos préoccupations contemporaines autour d'une nature prétendument perdue et le pacte poétique à la source du processus créatif d'Ak'abal ? Sans la nature, les voix se perdent, les significations meurent.

Par l'intermédiaire de ses propres traductions en espagnol, l'auteur ne nous communique pas seulement la survie d'un pan de culture ancienne mais nous offre la chance d'un accès vivifiant, libre et unique à une culture toujours vivace jusque dans ses aliénations passées ou présentes.

Lui-même autodidacte, Humberto Ak'abal ne prétend pourtant à aucune universalité qui ne serait pas celle de l'émotion partagée. S'il se fait l'écho d'un peuple, d'un village, d'une culture, ses résonances sont destinées à semer la poésie qu'il a récoltée de cette vie à la fois modeste et foisonnante. lui qui sait que « après avoir lu un livre, on n'est plus le même » est ému lorsque l'un des siens s'approche pour lui dire qu'il se reconnaît dans son travail.

Encore faut-il que ses textes puissent être lus. le Guatemala est l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine et l'achat d'un livre, encore aujourd'hui, constitue une somme importante loin d'être à la portée de tous. L'achat de son premier livre a été un effort suffisamment coûteux pour que Humberto Ak'abal lui accorde une place décisive dans le récit de son enfance. ainsi, dans l'esprit du partenariat « équitable » mis en place dans d'autres domaines, le prix de vente du livre en France permettra l'envoi d'exemplaires au Guatemala.

« Un peuple muet est un peuple mort », aussi la lecture de la poésie d'Humberto Ak'abal est ce gage de fidélité à la vie et à la liberté de la culture kichée pour que la parole indigène continue de circuler et que ses images brillent aussi loin que celle des étoiles arrachées au ciel.

Stéphanie Genin

 

 

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EL POESIMISTA solo es una palabra.Y además no es mía. La primera vez que la leí fue en un poema del guatemalteco Roberto Monzón Morales. Años más tarde leí la misma palabra en un libro de Roque Dalton. No tengo dudas de que Roberto le copio a Roque y no al revés. El Poesimista al igual que Gitagovinda, solo son dos voces de un mismo escritor, hay otras como Joseph Belascoo,Maiakosvki, Josbel, o Joseba Lasko , que quizás hayan visto alguna vez firmando en algún lugar, todas esos nombres son las máscaras que a veces uso, para esconderme de mi mismo, por unos segundos al menos. Cuando un texto no va firmado en este blog lo escribe : EL POESIMISTA : Chema Rubio Velasco www.chemarubio.com

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